ELISABETH HALA : “Quand les jeunes femmes construisent des carrières dans les organisations internationales”

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En 2019, j’étais à la recherche de nouveaux défis qui s’alignaient avec ma passion pour l’entrepreneuriat et mon rêve de permettre aux jeunes d’accéder à plus d’opportunités (insertion professionnelle, développement personnel, autonomie financière, …). Dans mes recherches constantes, j’ai découvert sur une plateforme de recrutement en ligne, une offre de la Coopération Allemande / GIZ, indiquant la recherche d’un expert en investissements et emplois avec 5 ans d’expérience à un poste similaire.

Je n’avais pas une telle expérience et j’en étais consciente. Mais j’ai eu comme une forte conviction que cette offre avait été rédigée pour moi et personne d’autre, parce qu’après lecture des missions du poste, je me suis dit intérieurement : « C’est exactement ce que je veux faire ». Ainsi, je ne me suis pas laissée intimider par ce que je n’avais pas, mais j’ai mis en avant mes atouts, mes compétences et mon savoir-faire. Ma vie est souvent guidée par un principe de: « fais ta part et laisse Dieu agir ». C’est aussi ce qui construit mon assurance face aux situations sur lesquelles je n’ai aucun contrôle. Je me souviens encore de ce jour où le recruteur m’informa que son choix s’était posé sur moi. J’étais toute heureuse et reconnaissante à Dieu.

Si vous souhaitez aussi travailler dans une institution internationale, de mon humble expérience, la première des choses que je pourrais vous recommander est de développer les compétences professionnelles et humaines qui intéressent l’institution cible. Pour les connaître, il faut vous informer (via le site internet de ladite institution par exemple, ou en analysant les offres d’emploi publiées par cette dernière et qui vous intéressent). Il vous faut par la suite et surtout adapter des CV et lettres de motivations en indiquant les mots clés qui correspondent à vos compétences et celles recherchées par l’employeur.       

A côté de cela, étant donné que nous sommes dans un monde en perpétuelle évolution, il est nécessaire de mettre un point d’honneur sur notre formation et de de mettre à jour nos connaissances de l’institutions afin de maximiser ses chances à l’interview. Par ailleurs, pour évoluer aisément dans ce genre d’institution, il faut être au moins bilingue ; avoir un niveau d’expression correcte à l’orale comme à l’écrit, dans au moins deux langues internationales.

Enfin, il faut garder à l’esprit que, à compétences professionnelles égales, les soft skills (ou compétences humaines) sont celles qui feront la différence entre deux candidats. 

J’aimerais donc m’attarder sur les softs skills. J’ai longtemps observé mes collègues dans le milieu des institutions pour vite comprendre que le savoir-être était considéré comme un atout d’importance en entreprise :

Le niveau de langue et le vocabulaire; le respect des autres, de l’environnement de travail; la discipline et la rigueur dans les choses bien faites; le respect des délais; savoir prendre la parole quand il le faut; savoir écouter quand cela est nécessaire; les tenues professionnelles; la culture personnelle; avoir de la conversation; avoir une personnalité … Bref toutes ces valeurs influencent fortement notre carrière et l’idée qu’un recruteur ou notre hiérarchie se fait de nous.

Parfois, les recruteurs nous demandent ce que nous pensons de nos anciens collègues ou employeurs. Il s’agit surtout de tester notre niveau de confidentialité et de voir si nous allons les exposer en les critiquant ou les protéger. Cela dénote aussi de notre aptitude à faire preuve d’esprit d’équipe. 

Je suis convaincue que la construction d’une carrière satisfaisante est un processus. Elle se prépare, et arrive parfois suite à plusieurs échecs. Alors personnellement,  j’ai choisi de refuser de me fixer des limites. Je fais de l’excellence une marque que je construis professionnellement chaque jour. Quand on est à la fois une femme et jeune, on est souvent sous-estimée en raison de nombreux préjugés. Néanmoins, nous avons la possibilité d’influencer la perception que les autres ont de nous en  brillant par notre leadership, notre passion et notre excellence. Toutes ces valeurs je les retiens du programme AWF qui me les a enseigné.

En 2018 quand je postulais pour ce programme de la Fondation SEPHIS, j’y voyais une opportunité d’améliorer mes compétences professionnelles et humaines (développement personnel), au vu des thématiques de formation qu’il offrait. J’y ai trouvé l’énergie qu’il me manquait pour sortir de ma zone de confort et passer à un autre niveau dans ma façon de penser, d’agir et donc dans mes résultats.

À ce jour, l’une de mes meilleures expériences au sein de mon travail est de loin la facilitation du partenariat entre la Fondation SEPHIS et la Coopération Allemande pour la mise en œuvre du programme de leadership et de mentorat de la jeune femme AWF en 2020. En effet, après l’édition AWF 2018 à laquelle j’ai eu l’opportunité de participer, j’avais gardé en mémoire un « plaidoyer » de la Présidente de la Fondation SEPHIS, qui disait que son vœu le plus cher était que chaque lauréate AWF soit un relai au sein de sa communauté. L’idée était de faire un « giveback », c’est-à-dire, dupliquer en quelque sorte les bénéfices de ce programme en impactant d’autres femmes.

Au regard des objectifs de l’institution pour laquelle je travaille, à savoir la GIZ qui s’alignent parfaitement avec ceux du programme AWF; l’une de mes premières actions a été de faciliter la mise en relation entre les deux organisations qui sont aujourd’hui partenaires. Aujourd’hui, le programme AWF est donc supporté et mis en œuvre avec l’appui de la Coopération Allemande et son impact (nombre de bénéficiaires) a doublé.

Je suis heureuse de partager avec d’autres femmes l’énergie que le programme AWF m’a apportée. Cette énergie est l’une de mes plus grandes forces. Je pense que je suis devenue tellement optimiste que j’ai depuis, beaucoup de mal à identifier les contraintes. Je vois en chaque difficulté une nouvelle opportunité de passer à une étape supérieure, au « next level ». 

Je m’évertue donc à me former par la lecture mais surtout par la pratique, en incitant mon Directeur de programme à me confier de nouvelles missions, de plus en plus importantes, en lui montrant qu’il peut s’appuyer sur moi pour n’importe quel projet professionnel. À force de motivation et d’orientations, il en est devenu un mentor. Je m’attèle donc, à mener tout ce qu’il me confie avec sérieux et passion, de sorte à faire avancer durablement l’agenda de notre programme, mais aussi à être à la hauteur de sa confiance. 

La vie en entreprise est un défi, tant pour y accéder que pour y demeurer. Se donner un maximum de chance dans la construction de sa carrière, c’est travailler à être une opportunité pour son travail et non le contraire.

ELISABETH HALA


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