LE MONDE RURAL A DES VOIX FÉMININES

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Toute mon enfance, j’ai été au contact d’un père technicien agricole, passionné d’agriculture qui m’a transmis sa fibre. C’est donc tout naturellement qu’aujourd’hui je me retrouve à travailler la terre. 

Je me nomme Fatoumata Ouattara, doctorante en communication option développement. Je vis dans la communauté de Daoukro plus précisément dans le village de Ettrokro. Je suis issue d’une famille d’entrepreneurs agricoles. Il faut souligner que la culture maraîchère est pratiquée dans ma famille depuis des lustres.

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J’ai commencé tôt à produire du piment que je vendais directement dans ma petite localité auprès des ménages. Le temps passant,  j’ai constaté des pertes répétées qui survenaient surtout quand nous n’arrivions pas avec nos vélos à transporter notre récolte familiale vers des communautés plus grandes ou  quand nous n’arrivions pas, ma famille et moi à vendre rapidement le produit quand il était disponible. Cela impactait gravement les récoltes et les retours sur investissement. Malheureusement l’agriculture chez nous souffre du manque d’engins sophistiqués pour produire en quantité, d’engins pour le conditionnement des récoltes, l’accès difficile à l’eau, des différends entre communautés causés par les barrières sociales, linguistiques, le contexte socio-politique… Parce que j’ai eu accès à l’éducation, ces problèmes m’ont interpellée, j’ai décidé d’en faire mon cheval de bataille et de trouver des solutions.

C’est ainsi qu’est née mon idée d’entreprise : Manku Ivoire. Une entreprise spécialisée dans la production et transformation du piment en plusieurs dérivés tel que le piment en poudre, le piment sec, le cube de piment… Tout d’abord, j’ai commencé par des méthodes traditionnelles en transformant le produit dans ma localité. Ma vision au lancement de Manku Ivoire était de trouver une solution pour rendre nos travaux aisés et par la suite amener la transformation des produits pour réduire considérablement les pertes. 

 

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C’est ce projet qui m’a conduit au Programme African Women of The Future (AWF) de la Fondation SEPHIS et de son partenaire Invest for Jobs. Sélectionnée, j’ai suivi une formation de six semaines en présentiel et en ligne. Nous avons notamment appris comment nouer des relations interprofessionnelles, comment communiquer avec des partenaires, comment communiquer avec la cible,  acquérir des techniques de vente, nous avons bénéficié de mentors, de professeurs. À la suite du programme, j’ai mieux structuré mon business. Je travaille mieux en équipe, je maîtrise mieux mes émotions. J’ai énormément mûri et acquis de l’assurance. J’ai reçu le 1er prix au concours  »PITCH  » qui m’a permis de bénéficier d’un accompagnement de la Fondation SEPHIS et de la Coopération Allemande / GIZ d’une valeur de 2 millions en matériels pour le développement de mon projet

 

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Aujourd’hui, dans ma communauté nous sommes passés à un niveau supérieur. Nous sommes en pleine construction de notre barrage hydraulique grâce à la Motopompe reçue, ce qui nous rendra autonome en eau. Grâce à l’acquisition de notre engin motorisé (Tricyle), nous transportons aisément nos récoltes. Tous ces nouveaux équipements proviennent des dons de la Fondation SEPHIS et de son Partenaire la Coopération Allemande. Nous avons désormais pu structurer notre entreprise MANKU IVOIRE et nous sommes en plein préparatif de la prochaine campagne (vente des récoltes). Notre projet court vers une petite unité de transformation. 

 

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Je vous fais une confidence, le prix que j’ai gagné au sein du programme AWF, me précède dans tous les lieux où je me rends désormais. Il m’ouvre des portes, il me permet de partager mon expertise, mes expériences dans l’entrepreneuriat, de porter loin les préoccupations de ma communauté sur des chaînes de radios ou auprès des autorités tel que le Ministre des PME. Dans ma communauté, ce prix a soulevé l’intérêt des jeunes filles à s’investir dans le travail sans développer un complexe dû à leur situation sociale. Je suis un exemple, la communauté rurale a aussi ses pépites. 

C’est l’occasion pour moi d’appeler les femmes des communautés rurales à une prise de conscience, à promouvoir l’union, d’inciter à la création de plus de coopératives car c’est ensemble qu’on va loin et, surtout à privilégier la formation des femmes car elles peuvent apporter un changement concret. 

J’aimerais dire à toutes les femmes qui souhaitent entreprendre en milieu rural, vous le pouvez. Vous pouvez faire bouger les choses dans votre communauté. Nourrissez votre passion de courage, d’abnégation, de patience, armez vous de connaissances et dépassez vos complexes. L’innovation, l’envie de porter votre communauté sont des clés qui vous aideront. Pourquoi ne le ferez-vous pas maintenant ?

  

 

Je suis FATOUMATA OUATTARA, 1er prix du programme AWF 2020 et je suis Agricultrice à DAOUKRO.

 

CHRISTINA N’DA


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